Inazuma Eleven (DS, version française)
Plus de deux ans et demi après sa sortie japonaise, le premier épisode de la série Inazuma Eleven, déjà culte au Japon, sort enfin en Occident. Les nouveaux Olive et Tom imaginés par Level-5 sont-ils toujours en forme pour leur sortie française?
Endô Mamoru et Gôenji Shûya, les deux héros de la version japonaise, ont abandonné leurs patronymes originaux pour leur sortie en Europe, et la magie de la localisation les a renommés respectivement Mark Evans et Axel Blaze. Soit. Si une révision des noms était certainement judicieuse dans les années 1990, on peut se poser la question de savoir si elle l’est toujours en 2011, mais encore une fois, soit. Le mal est fait. Inazuma Eleven nous conte donc les aventures de Mark et Axel, dans un jeu d’un ‘nouveau’ genre, mêlant RPG et football, sur fond de super techniques. Enfin pas si nouveau que cela, puisque le concept n’est qu’une repompe moderne d’Olive et Tom, l’inégalable série de Yôichi Takahashi (Captain Tsubasa en V.O., série qui fête d’ailleurs cette année le 30ème anniversaire de sa première parution japonaise).
Concernant l’histoire de Inazuma Eleven, la recette est à peu
de choses près la même que celle qui a fait le succès de Captain Tsubasa : notre héros, Mark, est un jeune homme plein d’entrain passionné par le foot. Il rêve de participer au tournoi national, le Football Frontier, aux côtés de ses camarades de l’école primaire Raimon, pour défier les meilleures écoles du pays. Malheureusement, le club de football de l’école Raimon, à deux doigts de la dissolution du fait d’un manque d’inscrits, ne semble pas en mesure d’inquiéter les meilleures équipes nationales, ni même celle de l’école de la ville voisine, la Royal Academy, menée par le très charismatique Jude Sharp (Kidô Yûto en japonais). Alors que la Raimon se voit infliger une méchante fessée par l’équipe de ce dernier, le second héros, Axel Blaze, se joint au onze et offre un nouveau souffle à Mark et ses coéquipiers. Cela ne suffit pas pour remporter le match, mais cet événement signera en tout cas le début d’une grande amitié entre Mark, le gardien de but et Axel, l’attaquant prodige.
Au niveau du gameplay, on alterne entre des phases d’aventure (exploration/dialogues) relativement linéaires, et les matchs à proprement parler, qui sont, cela va de soi, l’intérêt principal du jeu. Ceux-ci se jouent au stylet, et leur prise en main est très simple : on tire des traits pour déplacer les joueurs, et on pointe un endroit du terrain pour faire une passe (ou le but pour tirer). En quelques minutes, on prend ses marques, et les matchs deviennent haletants, notamment grâce à une mise en scène dynamique et une scénarisation des rencontres importantes, vraiment bien fichues.
Si ces matchs à onze contre onze sont clairement jouissifs, il n’en va pas de même pour les rencontres aléatoires (dans les villes ou dans les « donjons ») , durant lesquelles le duel se règle à quatre contre quatre. Rapidement répétitifs, ces affrontements n’offrent que trois variantes d’objectifs : prendre la balle à l’adversaire, ne pas se la faire prendre, ou marquer un but. On se retrouve donc à effectuer les mêmes actions (forcément limitées, à 4 contre 4), ce qui devient vite pénible.
Après chaque rencontre, les membres de l’équipe obtiennent de l’expérience (qui permet d’améliorer les statistiques de tir, passe, vitesse, défense, etc.), et montent de niveau petit à petit, façon RPG. Il est également possible d’augmenter les stats à l’aide d’objets et d’équipements en tous genres, disponibles dans les magasins des villes traversées. L’autre aspect primordial du gameplay, ce sont les techniques spéciales : d’attaque, de dribble ou de défense (entre autres), les joueurs en acquièrent certaines au fur et à mesure que l’histoire avance, et l’on en trouve également en vente dans les magasins, ou dans les nombreux coffres disséminés un peu partout dans le jeu. Variées et diaboliquement bien mises en scène, ces techniques spéciales « dragonballesques » sont sans aucun doute la plus grande réussite du jeu de Level-5.
Outre les membres de base de l’école Raimon, le jeu permet de recruter plus de 1000 joueurs, via un système de recrutement plutôt bien fichu. On peut notamment échanger des joueurs en local avec une autre DS, ou encore faire des matchs contre un ami, toujours en local seulement (on aurait tant aimé jouer en ligne). C’est d’ailleurs là, contre un humain, que tout le potentiel du gameplay se dévoile et que l’aspect stratégique (gestion des points de ‘magie’, remplacements, formations, etc.) devient incontournable pour espérer gagner. L’aventure solo quant à elle ne nécessite pas de tout maîtriser sur le bout des doigts pour gagner, la difficulté étant, globalement, assez basse (sauf en quelques occasions où il faut par exemple faire une passe à un équipier précis pour renverser le cours de la rencontre, ou bien trouver la technique spéciale à utiliser pour percer une défense, etc.).
Avec Yasunori Mitsuda aux commandes, la bande-son de Inazuma Eleven nous offre quelques jolis thèmes musicaux, et, sans forcer, le compositeur de la série des Chrono et de Xenogears parvient à accompagner joliment les aventures de nos héros. Comme mentionné en début de test, le jeu a été intégralement localisé en français, et l’on a même droit à des voix françaises lors des rares scènes cinématiques animées. Après deux ans et demi d’attente, c’était la moindre des choses -même si les râleurs comme moi argueront qu’ils auraient préféré les voix en V.O. Enfin, concernant la durée de vie, il faudra entre 25 et 30 heures pour venir à bout de l’aventure.
Conclusion : Inazuma Eleven, c’est en définitive un mélange réussi de RPG et de football, grâce notamment à un gameplay bien fichu. Malgré sa relative facilité, qui le rend répétitif, le jeu de Level-5 met en scène un univers terriblement bien réalisé, des personnages charismatiques, et surtout des techniques spéciales tonitruantes qui feront le bonheur des fans d’Olive et Tom, vieux et moins vieux, mais aussi et surtout des plus jeunes. Tous se plongeront dans l’univers de Inazuma Eleven via leur DS, mais également par le biais des déclinaisons manga et animé de la série, promise à un grand succès commercial. On attend les suites, déjà disponibles en import, avec impatience.
NOTE : 7/10
Les plus :
+Gameplay et concept
+Techniques spéciales de folie !
+Character design (sauf Mark)
+Rythme et durée de vie
+Parties à deux en Wi-Fi
Les moins :
-Les rencontres aléatoires peu variées
-Relativement facile
-Pas de mode en ligne













