Oboro Muramasa (Wii)
Titre original : Oboro Muramasa (朧村正)
Titre français : Muramasa The Demon Blade
Plateforme : Nintendo Wii
Genre : Beat’em all/action/RPG samouraï ninja en 2D
Sortie Japon : 9 avril 2009 (édition à petit prix « osusume selection » sortie le 25 février 2010)
Sortie France : 13 novembre 2009
CERO rating : B (12 ans et plus)
Développeur : Vanillaware Ltd. (Osaka)
Editeur : Marvelous Entertainment au Japon / Rising Star Games Limited en Europe
Un peu plus d’un an après sa sortie japonaise, voici l’arrivée tardive sur Muge-Nihon du test de Oboro Muramasa, le dernier bijou action-RPG du petit développeur basé à Osaka Vanillaware. Le jeu étant également sorti en Europe fin 2009, les plus otakus d’entre vous l’ont certainement déjà bouclé il y a plusieurs mois, mais comme « vieux motard que jamais » pour tester un bon jeu, j’ai décidé de lui dédier un article.
Action/RPG 2D, Muramasa nous met aux commandes de deux héros : Kisuke le garçon, épéiste doué, et Momohime la princesse, qui nous livreront l’histoire de leurs destins croisés, en route pour mettre un terme au chaos et anéantir les forces maléfiques qui ont pris possession des épées maudites. Deux aventures séparées mettent en scène nos deux jeunes héros qui traverseront -en sens contraire- le Japon de l’ère Genroku et ses sublimes décors, tranchant à coups d’épée les dizaines de milliers d’ennemis qui ont débarqué aux quatre coins du pays.
Dans Muramasa, le joueur traverse de longs niveaux sous forme de tableaux, et le point fort du jeu réside dans sa réalisation et dans l’ambiance unique qui s’en dégage (rappelant inévitablement le style d’Okami). Décors en 2D juste magnifiques, animations léchées, les environnements colorés avec effet pastel mêlent nature et poésie, ce qui fait contrepied à l’action et au tempo ultra-soutenu des combats, menés à cent à l’heure au rythme mélodieux des tranchages à l’épée et des cris de guerrier. Le côté musical du titre est tout aussi réussi et retranscrit à merveille l’ambiance si particulière du Japon ancien.
Un petit mot sur l’aspect RPG du jeu, qui permet de le différencier
-et de le rendre plus original- qu’un simple jeu d’action : dans Muramasa, Kisuke (ou Momohime) gagne de l’expérience au fil des combats et obtiendra régulièrement des nouvelles armes, toujours plus puissantes, le héros ne pouvant en porter que trois à la fois. De plus, les épées s’abîment au fur et à mesure des combats, il faudra donc en permanence alterner d’une à l’autre afin qu’elles se régénèrent (toutes seules ou avec l’aide d’objets de régénération pour accélérer le processus). Objets de soins et nourriture permettent de se redonner de la vie et de la vigueur. Le système de combat, purement orienté action, est époustouflant ; on réalise des combos avec un ou deux boutons de la manette, et des tonnes de combinaisons sont possibles. Des hordes d’ennemis apparaissent à l’écran, ça explose de partout -c’est toujours fluide !-, et c’est jouissif. Les niveaux sont composés d’un chemin principal, divisé en plusieurs sous-tableaux distincts, et d’embranchements, qui regorgent de secrets. La plupart des chemins annexes sont bloqués par des murs magiques, de différentes couleurs, et restent inaccessibles tant que l’on n’a pas obtenu une orbe de la bonne couleur qui nous permette de franchir le mur. On obtient ces orbes au fur et à mesure de l’avancement dans l’aventure, en venant à bout des boss. Ces derniers sont d’ailleurs à chaque fois l’occasion d’une bataille mythique, où le ‘bourrinage’ habituel ne suffira plus pour s’en sortir vivant, en tout cas dans les modes de difficulté supérieurs : objets de soins, usage intelligent des épées et maîtrise de l’esquive sont les clés de la victoire !
Les plus :
+Des environnements splendides dans une 2D riche en détails et haute en couleurs. Des décors variés puisant leur inspiration dans la richesse artistique du Japon de l’ère Genroku (XVIIème siècle) et des contes et légendes (personnages et bestiaire compris).
+La beauté pure et simple des décors façon aquarelle évoque les estampes traditionnelles, transmettant légèreté, douceur et poésie.
+Participant à plonger le joueur dans cette ambiance du Japon médiéval, la bande-son a également eu droit à un soin tout particulier. Musiques d’ambiance à base d’instruments traditionnels japonais, aux sonorités acoustiques, divinement composées par Basiscape, le studio du compositeur Hitoshi Sakimoto (Odin Sphere, FF XII, FF Tactics Advance et bien d’autres). Et que dire des bruitages des armes, des voix digitalisées vraiment réussies et des sons d’ambiance qui donnent vie à la nature et aux environnements traversés.
+L’aspect RPG (expérience, obtention de nouvelles armes, objets de soins et système de nourriture) bien pensé et parfaitement calibré.
+Système de combat à un seul bouton (ou presque, à l’exception du coup spécial lors du changement d’arme), à la fois simple d’accès et riche en combinaisons.
+Des tas d’endroits à explorer avec les deux personnages et beaucoup de challenges à relever une fois le jeu fini : modes de difficultés plus élevés (dont un mode survival avec un seul point de vie !), boss cachés, quêtes des armes et objets cachés.
+Jouable au duo Wiimote/Nunchuk, ou avec la manette traditionnelle.
+Les boss !
Les moins :
-Peu d’interactions entre les deux personnages, qui font le chemin de l’aventure en sens inverse, et qui ne se croisent qu’une fois dans le jeu.
-Inévitablement répétitif au bout de quelques heures (je déplore un léger manque de diversité dans les décors -exceptionnellement jolis mais peu variés- et le bestiaire).
Conclusion : les aventures de Kisuke et Momohime sont une franche réussite à tous les niveaux. Joli, bien réalisé, plein de charme et d’identité, Muramasa The Demon Blade fait la part belle à l’action à l’ancienne, tout en jouant également très bien sur son côté RPG qui inclut un système d’expérience, d’achat de nouvelles armes et d’objets en tous genres. A condition de ne pas être réfractaire au genre « tout action » aux élans de beat’em all sur fond de Japon traditionnel, le titre de Vanillaware vous fera passer un excellent moment dans son univers empreint à la fois de poésie et de brutalité. Et une fois le jeu terminé avec les deux personnages, un nouveau challenge d’une difficulté titanesque attend les joueurs les plus invétérés en manque de sensations fortes. Les autres, comme moi, s’arrêteront là, heureux que ça se finisse, car ça commençait justement à tourner en rond. Un jeu qui aura quoi qu’il en soit marqué les esprits dans le catalogue de la Wii en 2009.
Note : 7/10
Site officiel de Oboro Muramasa






















