999, Nine Hours Nine Persons Nine Doors (DS)
Titre : 999, Nine Hours Nine Persons Nine Doors
Titre original : Kyokugen Dasshutsu 9 Jikan 9 Nin 9 no Tobira (極限脱出9時間9人9つの扉)
Sortie Japon : 10 décembre 2009
CERO rating : C (15 ans et +)
Développeur : ChunSoft
Editeur : Spike
Plateforme : Nintendo DS
Nous vous livrons un nouveau P’tit Test en provenance du Japon, cette fois-ci au sujet d’un nouveau jeu au concept original développé par ChunSoft et édité par Spike, qui ne verra probablement jamais le jour en Occident : 999, 9 Hours 9 Persons 9 Doors. Je vous épargne le titre original, assez terrible à lire et à prononcer pour les non-japonisants, pour vous faire un petit topo sur les grandes lignes de l’histoire, le principal atout du titre. Le principe de 999 (on va l’appeler comme ça pour se comprendre) s’articule autour d’un jeu d’évasion appelé Nonary Game et organisé par l’énigmatique Zero, qui a capturé notre héros, Junpei, ainsi que 8 autres personnes pour leur faire participer à un mystérieux « jeu », que nous détaillerons ci-dessous. L’aventure débute alors que Junpei se réveille dans une cabine dortoir de ce qui ressemble vraisemblablement à un bateau. La cabine est fermée, et la seule issue est une porte en plein milieu de laquelle le numéro 5 est peint en rouge en très gros. Ce n’est pas tout, Junpei se rend compte qu’on lui a accroché au poignet gauche un bracelet sans ouverture, sur lequel un écran indique le chiffre 5.
Ni une ni deux, de l’eau se met à couler dans la pièce, comme si le bateau était en train de couler. Le jeu entre alors dans une phase de recherche appelée « phase d’évasion », au système de commandes proche d’un point and click, dans laquelle le joueur devra trouver objets et indices dans les décors, afin de résoudre un « puzzle » qui lui permettra de débloquer l’ouverture de la porte, et donc de sortir de la pièce. Le jeu alternera toujours entre phases de dialogues qui font avancer le scénario, et phases d’évasion, qui consistent à trouver et utiliser (et parfois assembler) des objets pour résoudre les énigmes proposées. Une fois résolue la première énigme à base de cartes bleues et rouges, Junpei s’enfuit de la pièce et se précipite vers des escaliers, pour arriver dans un grand hall où il va rencontrer 8 autres personnes, visiblement dans la même situation que lui. Pas le temps de faire les présentations que les hauts-parleurs du bateau résonnent pour leur lancer un message : au micro, c’est Zero, le mystérieux personnage à l’origine de toute cette mise en scène, qui leur explique les règles du « jeu » qui les attend, le Nonary Game. Un bracelet avec un numéro allant de 1 à 9 a été attribué à chaque personnage. Ces bracelets serviront pour ouvrir les portes numérotées elles aussi de 1 à 9 et dissimulées dans tout le bateau. Les règles sont simples et nos héros devront faire preuve d’esprit de groupe pour arriver à s’échapper du bateau tous ensemble. Voici une explication des règles de base du Nonary Game :
1) le jeu a une limite de temps, qui est de 9 heures : passée cette heure, le bateau coulera et tous les joueurs mourront noyés.
2) dans le bateau sont dissimulées des portes numérotées de 1 à 9 qui sont équipées d’un système de déverrouillage à l’aide des bracelets. Les personnes voulant ouvrir la porte doivent valider leur bracelet en le passant dans un scanner numérique, situé devant la porte. Une fois la porte ouverte, elle reste ouverte l’espace de 9 secondes, et se referme. Une fois de l’autre côté, le bracelet des membres ayant franchi la porte se met en monde compte à rebours, et explosera sous 81 secondes s’il n’est pas inséré dans un second panel de verrouillage, en principe placé quelque part derrière la porte, provoquant la mort immédiate et sanglante de son porteur.
3) chaque porte peut être franchie par seulement 3, 4 ou 5 personnes. Ni plus, ni moins.
4) la porte numérotée 9 est la dernière. Elle est le seul moyen de sortir vivant de ce bateau.
5) pour franchir les portes numérotées, tout est basé sur le « numéro racine » : le numéro racine, c’est le chiffre qui résulte d’une formule mathématique simple. Par exemple, si les trois personnes ayant le bracelet numéro 1, 3, et 4 le valident devant une porte, leur numéro racine sera le 8 (4+3+1 = 8). En d’autres termes, cette formation ne peut donc rentrer que dans la porte numérotée 8. Autre exemple, si l’on prend les personnes qui ont le 5, 8 et 9, ça fera 5+8+9 = 22 => 2+2 = 4. Ils ne pourront rentrer à eux trois que dans la porte numéro 4. Si les personnes ayant les bracelets 3, 7 et 9 (3+7+9 = 19 => 9+1 = 10 => 1+0 = 1) les valident, le numéro de la porte devra être le 1. Mais n’oublions pas que 3 personnes n’est pas la seule possibilité : 4 ou 5 personnes peuvent passer en même temps. Le numéro racine des personnes 1, 2, 3, 4 et 5 est le 6 (1+2+3+4+5 = 15 => 5+1 = 6). Il y a donc à chaque fois plusieurs possibilités pour passer une porte, si tous les persos sont présents.
6) il y a deux moyens, et deux seuls, d’enlever les bracelets du bras de leur propriétaire : s’échapper du bateau, ou arrêter son coeur…
Voilà pour l’essentiel. Junpei devra donc faire équipe avec des personnages plus ou moins sympathiques, aux personnalités variées, qui s’appelleront par nom de code tout au long de l’aventure, nom de code qu’ils auront déterminé au cours de leur premier conciliabule, en fonction du numéro de leur bracelet (et sa lecture en japonais). Ainsi, le numéro un deviendra Ichimiya (一宮), le deux Nils (ニルス), le 3 Santa (サンタ), la 4 Yotsuba (四葉), le 5, Junpei, est appelé par son nom, vous verrez pourquoi en y jouant, la 6 est Murasaki (紫), le 7 Seven, la 8 Yashiro (八代) et le 9, Kyûban no otoko (l’homme au numéro 9). Au fil de l’aventure, on découvrira des liens entre certains d’entre eux, et surtout, qu’il y en a qui en savent bien plus qu’ils ne le laissent paraître… Rappelons également que six fins sont accessibles, et qu’il faudra faire les bons choix tout au long de l’aventure pour accéder aux « good endings« .
Les plus :
+Deux idées de base excellentes : le Nonary Game, organisé par le mystérieux Zero, et toute cette intrigue basée sur le chiffre 9.
+Comme d’habitude chez ChunSoft, des personnages aux personnalités travaillées, qui se paient même le luxe d’être charismatiques pour une fois, le tout servi par des dialogues très bien écrits.
+Le jeu parvient à transmettre une foultitude d’émotions, et à travers les yeux de Junpei, fait réfléchir à des questions existentielles qui surgissent lorsque vient le moment de faire des choix qui mettent en péril des vies humaines. Qu’est-ce que la mort? Qu’est-ce que l’amitié? Qu’est-ce que la confiance? Confiance ou méfiance? Trahison ou coopération? Quand n’importe qui peut mourir d’une seconde à l’autre et qu’aucun n’est certain de pouvoir continuer à vivre au-delà de quelques heures, quels sentiments apparaissent? La nature humaine est-elle du côté du Bien ou du Mal? Le plus génial, c’est que c’est VOUS, le joueur, qui devra réellement procéder à ces choix, qui ont une vraie influence sur la suite du scénario, et sur les relations entre les personnages.
+L’ambiance générale.
+Les énigmes, plutôt bien pensées et assez originales, souvent basées sur des raisonnements mathématiques primaires. Il faut parfois se creuser un peu la cervelle pour les résoudre.
+Les différentes fins, et l’obligation de refaire le jeu pour tout découvrir concernant l’histoire et l’identité de Zero.
+Six fins, en fonction de vos choix.
Les moins :
-L’aventure est très courte, mais il est obligatoire de refaire le jeu plusieurs fois pour voir une des bonnes fins (il y en a 6 au total). Une fois le jeu bouclé, on peut repasser les dialogues en accéléré, mais il est obligatoire de se retaper toutes les phases d’évasion une par une, ça devient assez pénible d’être obligé de les refaire au bout de la troisième fois.
-Une fois le jeu fini une fois, les choix faits au cours de la dernière partie sont surlignés en gris, ce qui est bien, mais une fois le jeu fini au moins deux fois, les choix faits lors des parties précédentes sont tous surlignés en gris, ce qui fait que l’on ne sait plus forcément quels choix on a fait lors de la dernière partie. Il est donc difficile d’essayer d’autres embranchements scénaristiques si l’on ne se souvient plus du choix fait dans la dernière partie, pour éviter de refaire les mêmes. J’ai dû pour ma part me servir d’une soluce pour voir la bonne fin sans avoir à refaire le jeu plus de 5 fois.
-Quelques moments de blabla interminables et à côté de la plaque.
-De légères incohérences pour les esprits très carrés, mais rien de pénalisant.
-L’aspect quelque peu austère, et un chouïa vieillot de l’interface, et des bruitages.
-On aurait aimé quelques petites cinématiques, même courtes de temps à autre, mais on devra se contenter de TRES TRES rares images fixes en style dessin animé pour illustrer quelques moments clés (même pas une dizaine dans tout le jeu, de mémoire).
-Très court, quand même. C’est le concept même qui veut ça, mais c’est quand même court. C’est compensé par la nécessité de refaire le jeu plusieurs fois, mais la deuxième fois, c’est plus du tout la même chose.
-Musiques d’ambiance plutôt sympas, mais répétitives.
-Le délire « télépathie » vers la fin du jeu, auquel on accroche ou non.
Note : 7/10
Un jeu pour adultes, un chef d’oeuvre scénaristique comme seul Chunsoft sait les faire. Mais la vraie force de 999, c’est le concept même du Nonary Game, un savoureux mélange entre Battle Royale, Titanic et le jeu d’évasion mettant en scène 9 personnages motivés par l’obligation de collaborer pour leur propre survie, et entre lesquels naissent des relations de tous genres, de l’amitié à la haine. Plus que l’aspect « jeu vidéo » du titre, c’est l’expérience dans sa globalité que l’on retient une fois le jeu terminé. Et quelle expérience… ! C’est le genre de scénario dont on se souvient encore 10 ans après. Si vous lisez le japonais (c’est accessible, moins dur qu’un RPG) et que vous aimez ce genre de jeu, essayez-le sans hésiter.















